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Notion de "site d'accueil"

 

Phénomène rare avant les années 70, la colonisation des villes par les étourneaux pour dormir est devenue fréquente. De nombreuses plaintes sont émises par les riverains.
Pour éviter les nuisances, les villes effarouchent les oiseaux du site où ils se sont installés, ce qui déplace en général leurs dortoirs vers un autre secteur urbain parfois proche. L'effarouchement global peut permettre de faire sortir les oiseaux de la ville mais l'urbanisation s'étendant, les zones de friche pouvant accueillir ces oiseaux deviennent de plus en plus rares d'où l'idée de créer un site de substitution en périphérie de ville ou bien de pérenniser un site qui pourra accueillir les dortoirs d'étourneaux.

Le fait de choisir un site en périphérie de la ville est une action à long terme (gestion durable du problème) car les étourneaux sont très fidèles à leurs dortoirs tant que ceux ci n'ont pas été dérangés. Cela ne modifie guère les habitudes des oiseaux qui ne vont pas modifier leur zones alimentaires en campagne et il n'y a donc pas d'augmentation du problème " étourneau " sur l'agriculture. De plus il ne s'agit en général que de quelques milliers d'étourneaux, ce qui est sans commune mesure avec les gros dortoirs ruraux (en Bretagne : jusqu'à 500 000 étourneaux dans un dortoir).

Pour être attractif, ce " site d'accueil " doit apporter protection contre le vent et sécurité et correspondre au schéma suivant :

  • Emplacement

L'idéal est un site qui a déjà été occupé par les étourneaux. Il est situé de préférence sous le trajet des lignes de vol des étourneaux entrant dans la ville. (Voir "Etude des lignes de vol") ou tout au moins il est proche du site de pré-dortoir utilisé par les étourneaux, car il est peut être déjà connu des oiseaux ; de plus cette situation évite que les oiseaux aient à survoler la ville.

Les fonds de vallée sont préférables aux sites exposés au vent.
Le site retenu doit être suffisamment loin d'habitation pour ne pas entraîner de nuisance de voisinage et être pérenne, pour qu'une fois utilisé les oiseaux puissent y revenir hiver après hiver.

On veillera au problème des fientes et de leur évacuation par la pluie.

Attirer les oiseaux sur un site déterminé est difficile. C'est pour cela que l'on préférera repousser les étourneaux hors de la ville puis examiner si le site utilisé répond aux caractères décrits ici.

Toute action pour maintenir le site année après année devra être entreprise (rachat du site, etc.).

  • Dortoir type

Le dortoir type correspond à un bosquet, une grande haie ou un arbre âgé, au tronc robuste, de grande taille, à la canopée sphérique et volumineuse, le tout offrant de nombreuses possibilités de perchage. L'idéal est une plantation d'épicéas de Sitka ou Douglas, un bosquet de bambou, de laurier palme, etc. Les étourneaux affectionnent aussi les grandes étendues de roseaux (il faut le double de surface car il les cassent au cours de l'hiver).

On évitera les seuls feuillages caduques qui, quand les feuilles tombent, ne protègent plus les oiseaux du vent. On peut conforter un site déjà utilisé par les étourneaux en rajoutant des persistants en bordure et au sein du site. L'association de différentes essences pourra être utilisée pour limiter la dégradation du site (casse de branches, asphyxie des plantes due aux fientes...).

La surface utile (perchage) dépend du nombre d'étourneaux à accueillir mais 1500 m² semble suffisant dans la plupart des cas (accueil d'environ 10 000 étourneaux).

  • Eclairage

L'éclairage apporte une bonne visibilité du site pour les étourneaux, il est sécurisant parce qu'ils peuvent repérer d'éventuels prédateurs. Il semble être un des éléments explicatifs de l'attraction urbaine.
Si l'installation d'un lampadaire est prévue, l'ampoule devrait être au-dessus de la frondaison pour servir à la fois de repérage du site et d'éclairage des perchoirs. Il faudra sans doute limiter l'accès à l'homme (grillage ?) qui est aussi très attiré par les espaces éclairés la nuit !

 


Photo : ©INRA - Le Quilliec P.